Comme le froid

by Kerguelen

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released December 2, 2018

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PHW Records Orléans, France

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Track Name: Comme le froid
On a arraché son ventre à la terre
Jeté ses entrailles sur sa peau poudrée
On a pris la vie à revers,
Moi, je voulais juste te sauver de la gravité

On pouvait suivre les nuées,
Regarder les blés danser
On pouvait croire, on avait le temps
Moi, je voulais juste t’emmener voir le vent

Nous étions deux et nous rêvions
De ce que nous ne connaissons pas
Car au fond, car au fond, car au fond,
C’est ce dont nous rêvons le mieux

Nous aurions été de ces amants,
Qui traversent les siècles en noir et blanc
Nous aurions été si beaux
Si j’avais su me contenter de nous

On a fait des montagnes des abysses,
Jeté des ponts dans le désert,
Couru pour que jamais cela ne finisse
Moi je voulais juste t’offrir la mer

On a été si grand qu’on ne voyait plus les frontières
Si fou qu’on pensait les avoir effacées
On allait même se passer d’atmosphère,
Moi, je voulais juste t’aider à respirer

On a embrassé d’un seul geste
Toute la beauté, aussi loin qu’on le pouvait.
On a cherché le premier : qui du choléra ou de la peste ?
Moi je voulais juste panser tes plaies

On a tant hurlé qu’on s’est brisé la voix,
Du trop plein, de l’absence, on s’est fait les complices
Car on espérait toujours une prochaine fois,
Moi, je voulais juste te bâtir une oasis


Pour quelques paillettes
Je me suis fait tailler
La barbe, une veste,
Et puis ce portrait

Demain c’est mon tour
Je vais enfin passer,
On aura de beaux jours
De l’autre côté

Je voudrais que tu sois fière
Que tu saches que je vais gagner
Je soulèverai chaque pierre
Jusqu’à ce que j’en vois une briller.

Surtout ne t’en fais pas,
Je n’perdrai pas la tête
J’en ai vu tant là-bas
Qui se croyaient moins bêtes !

Garde bien ce regard,
Celui que tu me connais,
Garde-le en mémoire,
Même le froid ne pourra le voler
Track Name: Blanc
Au premier regard, j’ai cru qu’il n’y avait rien.
Je ne voyais pas les ombres, ni les montagnes, ni les pins
Je ne voyais pas les couleurs dans le blanc du ciel
Je ne voyais pas les couleurs dans les fleurs de neige
Le fond de l’air dansait et donnait à rêver
Mais je n’avais plus la force de me redresser
J’avais eu dans les yeux tant de beaux mirages,
Je les croyais usés, affaiblis par l’âge.
Que la folie de l’arc-en-ciel paraissait étrange


Tout était blanc à perte de vue
Et je me voyais aveugle à la vue de tant de blanc.
Tout était blanc et pourtant,
Il suffisait de garder les yeux bien ouverts
Pour distinguer toutes les nuances de gris

Tout était blanc à perte vue,
On ne voit jamais aussi bien le noir que lorsque tout est blanc
Tout était blanc et pourtant,
Il suffisait de garder les yeux bien ouverts
Pour distinguer toutes les nuances de gris

Encore faut-il vouloir garder les yeux ouverts.


J’avais le corps meurtri, et le cœur aussi,
Les oreilles rouges et les doigts bleuis.
Je sentais la peur le long de mon cou
Et sur chaque pas, je misais le tout
J’entendais les cris, je les laissais me hanter,
Si la chance me sourit, je ne cesserai pas d’oublier
Je devinais l'avenir mais il était enfoui
Sous une épaisse couche de blizzard gris.
Que la folie de l’arc-en-ciel paraissait étrange

La terre et le ciel à leur tour avait grondé,
Nous pensions les entendre, fallait-il écouter ?
Le silence lui-même n’avait pu se taire
Mais si l’ouïe est dure que pouvons-nous y faire ?
Que la folie de l’arc-en-ciel paraissait...
Que la folie de l’arc-en-ciel paraissait étrange
Track Name: Chilkoot pass
On a arraché son ventre à la terre
Jeté ses entrailles sur sa peau poudrée
On a pris la vie à revers,
Moi, je voulais juste te sauver de la gravité

On pouvait suivre les nuées,
Regarder les blés danser
On pouvait croire, on avait le temps
Moi, je voulais juste t’emmener voir le vent

Nous étions deux et nous rêvions
De ce que nous ne connaissons pas
Car au fond, car au fond, car au fond,
C’est ce dont nous rêvons le mieux

Nous aurions été de ces amants,
Qui traversent les siècles en noir et blanc
Nous aurions été si beaux
Si j’avais su me contenter de nous

On a fait des montagnes des abysses,
Jeté des ponts dans le désert,
Couru pour que jamais cela ne finisse
Moi je voulais juste t’offrir la mer

On a été si grand qu’on ne voyait plus les frontières
Si fou qu’on pensait les avoir effacées
On allait même se passer d’atmosphère,
Moi, je voulais juste t’aider à respirer

On a embrassé d’un seul geste
Toute la beauté, aussi loin qu’on le pouvait.
On a cherché le premier : qui du choléra ou de la peste ?
Moi je voulais juste panser tes plaies

On a tant hurlé qu’on s’est brisé la voix,
Du trop plein, de l’absence, on s’est fait les complices
Car on espérait toujours une prochaine fois,
Moi, je voulais juste te bâtir une oasis


Pour quelques paillettes
Je me suis fait tailler
La barbe, une veste,
Et puis ce portrait

Demain c’est mon tour
Je vais enfin passer,
On aura de beaux jours
De l’autre côté

Je voudrais que tu sois fière
Que tu saches que je vais gagner
Je soulèverai chaque pierre
Jusqu’à ce que j’en vois une briller.

Surtout ne t’en fais pas,
Je n’perdrai pas la tête
J’en ai vu tant là-bas
Qui se croyaient moins bêtes !

Garde bien ce regard,
Celui que tu me connais,
Garde-le en mémoire,
Même le froid ne pourra le voler
Track Name: Noir
Le jour a pris les couleurs de la nuit
Sans tout à fait y parvenir
Si épaisse soit la couche de suie,
C’est bien le feu qui la fait luire

Le jour a pris les couleurs de la nuit
Sans tout à fait y parvenir
Restent les heures bleues quand l’aube luit
Et le vide du souvenir

Où les fruits qui nous soûlaient ?
Et les tambours ? Et les danseurs ?
Où est le bruit que l’on chantait,
Que l’on croyait connaître par cœur ?

On dirait les matins perdus
Les arbres orphelins du printemps
On dirait qu’il n’y a plus
Que le silence des cormorans

Sans les lueurs, les points du jour
On se cogne à chaque tâton
Et même les points de non retour
Deviennent à leur tour des jalons

Alors les peurs des temps anciens,
De ceux qui chassent, de ceux qui cueillent
Jaillissent des hurlements des chiens
Dans l’ombre, la vie est un écueil

L’océan lui-même s’est figé
Dans l’attente d’une aube lointaine
Et les vagues collines sculptées
Ne parviennent à briser la plaine

Une émeraude scinde la nuit,
Elle qui paraît infinie,
Qui veut masquer le ciel
Mais nous le fait remarquer
Encore un jour, encore,
Que la nuit laisse pour mort


J’aurais tellement voulu briller
Mais quand il y a tant d’étoiles
Il est si dur de se frayer
Un chemin sur la noire toile

J’aurais tellement voulu briller

Mes cris se noyaient dans l’écho
D’un étrange silence de pierre
Il ne sera jamais trop tôt
Pour faire revenir la lumière

J’aurais tellement voulu briller
Pour faire revenir la lumière
Track Name: Nos pas dans la neige
L’homme a la voix rude
Comme un accent du nord,
Mais d’un nord plus loin encore
Toujours plus au nord
Il a jeté sur mes paupières closes
Les images d’un temps que je ne verrai pas
Pas faute de l’avoir rêvé
Mais ainsi vont les choses

L’homme a la voix chaude
Comme un champs de blé
Quelque part au sud, là-bas en été
Il a laissé pour mes yeux
Quelques mots étranges,
Je ne les ai pas lus
De peur qu’ils me dérangent

C’est l’idée d’ailleurs qui guide ses pas
Mais s’il savait, resterait-il là ?
A l’horizon des rois
C’est une aube neuve au bout de la route
Et si on courrait sèmerait-on nos doutes ?
Un peu comme autrefois

Un peu comme nos pas dans la neige, qui tombe et efface
Nos pas dans la neige, qui tombe et efface
Nos pas dans la neige

L’homme a le teint pâle
Blanc comme le silence
Mais son visage parle
A ceux qui veulent voir
Les lumières dansent dans le train de nuit
Qui l’emmène au loin et plus loin encore
Là où le jour dort

L’homme a les yeux clairs
Et le regard bleu
A-t’il vu la mer ?
Elle ne sait que trop rendre l’homme heureux
Il nous parlera de tout ce qu’il n’a pas vu,
Ce qu’il ne verra pas
Tout ce qui est plus beau que ce qu’il a vécu

Crissement, profondément il s’enfonce
Lentement, infailliblement renonce
Du paradis il n’a aucune idée
Des sommets il ne reviendra jamais

L’homme est monté si haut
Là où rien ne pousse
Au sommet de la dune,
De la vague, de la brume
Il rêvait de la terre,
Celle qui change l’âme
Il rêvait de l’hiver
Du fond et des lames

Cette sensation de manquer d’air
Quand il y a tant d’espace
Cette sensation de perdre pied
Les deux pieds sur terre,
Le cœur grisé de la face nord
Perdre la vie, perdre la face
Lui qui ne veut se replier
Le cœur brisé vire de bord

Crissement, profondément il s’enfonce
Lentement, difficilement remonte

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